Le sauvetage des batraciens, pas à pas

Chaque matin depuis début mars, l’équipe du Centre Nature Les Cerlatez, aidée des Naturalistes francs-montagnards, inspecte les seaux installés le long de la barrière à batraciens, non loin de la réserve naturelle de l’étang de la Gruère. Grenouilles, crapauds et autres tritons retrouvés sont alors déplacés jusqu’au plan d’eau sans risquer de passer sous les roues d’un véhicule. Voici les étapes de cette mission méticuleuse, qui sauve chaque année plusieurs centaines d’amphibiens.

Longue de plus d’un kilomètre, la barrière est installée tous les ans grâce à l'expertise de l'entreprise Aménat, entre mars et mai, en amont de la route qui sépare les pâturages boisés de la réserve naturelle de l’étang de la Gruère, entre La Theurre et la scierie. Des seaux, disposés à intervalles réguliers, permettent de récolter les crapauds communs, grenouilles rousses et tritons alpestres qui vont longer la barrière bloquant leur migration. Les batraciens préfèrent se déplacer la nuit. Le relevé est donc effectué le matin, avant que le soleil ne dessèche ces animaux qui respirent par la peau.

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Aujourd’hui, nous suivons Lauriane, stagiaire au Centre Nature Les Cerlatez, qui inspecte méticuleusement chaque seau en n’oubliant pas de regarder sous les feuilles mortes qui s'y retrouvent.

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Un bâton en bois est placé en permanence dans chacun des seaux afin de permettre aux petits mammifères (mulots, musaraignes...) qui s’y retrouverait pas mégarde de pouvoir sortir sans pour autant permettre aux batraciens de s'échapper.

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Les premiers seaux inspectés sont occupés par des crapauds communs. Chacun d’entre eux est soigneusement récupéré, inspecté pour identifier l’espèce et le sexe.

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Toutes ces informations sont notées dans un formulaire qui permet de dresser des statistiques chaque année et ainsi de pouvoir contrôler l’évolution des populations de batraciens de la réserve naturelle.

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Les couples se forment, le crapaud mâle s’accroche sur le dos de la femelle afin de s’assurer une fécondation une fois arrivés au plan d’eau.

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À mi-chemin, un petit ruisseau permet de réhydrater les crapauds qui commencent à se faire entendre de leur doux sifflement. L’aspect de leur peau change instantanément, ainsi que leur vigueur. Nous hâtons le pas afin de pouvoir les relâcher au plus vite dans l’étang. Ce matin, nous rencontrerons seulement 8 crapauds communs alors que 400 amphibiens ont été déplacés quelques jours auparavant ! Il arrive même aux bénévoles de rentrer bredouilles, la migration des batraciens étant très conditionnée par la température et l'humidité.

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Les crapauds sont enfin remis à l’eau dans une zone facile d’accès. Les femelles vont pouvoir pondre leurs œufs et les mâles les féconder afin de donner naissance à un nouvelle génération. La réserve naturelle de l’étang de la Gruère est un site de reproduction de batraciens d’importance nationale.

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